Le nouveau conte de l'enchanteur Danny Boyle

Film : Yesterday (2019)

Réalisateur :

Acteurs : Himesh Patel (), Lily James (), Ed Sheeran (), Kate McKinnon (), Joel Fry (), Meera Syal (), Sanjeev Bhaskar (), Harry Michell (), Sophia Di Martino (), Sarah Lancashire (), Alexander Arnold (), Karl...

Durée : 1h 56m


Danny Boyle est un original, friand d'histoires flirtant avec le surréalisme, où l'amour d'un homme pour une femme tient presque toujours une place centrale. 
Sa singularité s'était vue dans Millions (2004), et avait raflé une pluie d'oscars avec l'incroyable Slumdog Millionaire (2009).

S'éloignant des personnages issus de milieux sociaux défavorisés, de la "populace" disions-nous plus facilement il y a deux siècles, le réalisateur britannique s'était penché sur le cas Steve Jobs, livrant un biopic (Steve Jobs, 2015) très au-dessus d'un premier essai d'un collègue autrement moins doué (Jobs, 2013).
Les jeunes hommes anonymes, "vers de terre amoureux d'une étoile" (pour paraphraser Hugo dans Ruy Blas) semblent lui avoir manqué. Jack essaie de percer dans la musique avec sa guitare, et son amie et agent de toujours, Ellie, mais rien n'y fait ; jusqu'au jour où il s'aperçoit, en chantant "Yesterday", que personne ne connaît les Beatles... Et que ces deniers n'ont même pas existé. 
L'occasion est trop belle, et le voilà chantant les tubes les plus magnifiques du groupe ; évidemment, le public suit, ravi d'entendre ces chansons merveilleuses, semble-t-il écrites par ce nouveau chanteur... 

Voilà une façon originale, comme doit l'être un Danny Boyle, d'aborder l'oeuvre des Beatles, autrement plus intéressante que les récents biopics de grands groupes, certes sympathiques, mais extrêmement académiques (Bohemian Rapsody, Rocket Man...). On retrouve l'énergie débordante du réalisateur anglais, sa façon de raconter une romance qui, ne demandant qu'à s'épanouir, demeure pourtant repoussée par des obstacles constants ; on retrouve encore une fois une déclaration d'amour du maître réalisateur pour une source d'inspiration féminine qui semble inépuisable. 

Une comédie dynamique, emmenée par un casting inspiré, qui permet de rire, d'écouter des airs intemporels, de les chanter en sortant de la salle, le tout virevoltant autour d'une morale simple et efficace : un feel-good movie d'exception qui, contrairement à l'immense majorité des films du genre, reste imprévisible jusqu'au bout. Boyle a préféré se concentrer sur ce film plutôt que de se battre sans fin avec les producteurs du prochain James Bond dont il devait être le metteur en scène ; on ne regrette rien.